Chanson en l’hommage du tailleur de pierre inconnu

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“Tailleur de pierre courbant l’échine…”

Le col ouvert sur leur pourpoint
Ils vous regardent de leurs yeux verts
En indiquant du bout des mains
Les bâtisseurs coupant des pierres
Et tout au près des traces blanches
Des chaux et des ciments d’hier
Les mains posées au creux des hanches
En pardonnant cette poussière
Qui partira quand un dimanche
s’élèvera un monastère, un monastère

Refrain :
Tailleur de pierre courbant l’échine
Courbant son dos dans la poussière
Éreinté par le poids du fer
Celui des feux et des vitraux
Tailleur de pierre, souffleur de verre
Dans la lumière de leur tombeau
Tailleur de pierre, tailleur de pierre, tailleurs de pierre

Un monastère, une cathédrale
Ou peu importe qu’il soit sacré
Un monument posé sur toile
Que l’architecte a dessiné
Le maître d’oeuvre de son compas
Mesure un angle ou son carré
L’ogive absente vibre déjà
Sous son crayon juste taillé
Une clef de voûte, transept droit
Où s’évertuent des ouvriers, des ouvriers

Puis il étend dans la fondure de son manteau
Son bras raidi, le doigt tendu d’une voix sûre
Compte la pierre, les coups de scie
Puis il écrit chaque calcul
Au coin de son grand rouleau gris
Des nombres et puis vieilles formules
Connues bien seulement de lui
Planches secrètes de ses modules
De ses bâtisses gardées sur lui, gardées sur lui

Quand au soleil il se fait tard
On entend la voix des maçons
S’échapper comme des tâches noire
Dans la clarté des palançons
Le ciseau tiède d’un tailleur
Le maillet chaud près d’un relief
Le compagnon près d’un sculpteur
Oublié sur l’ébauche des nefs
Rappellent aux hommes que pour un choeur
Des vies ont usé leurs griefs, leurs griefs …

Composition originale
Paroles et musique : Paul FANE

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